Arrêter la cocaïne n’est pas une tâche facile, ça nécessite quelque chose que moi, en tant que thérapeute, est fondamentale, la prise de conscience des consommateurs. J’ai titré mon livre “Comment arrêter ou faire qu’on cesse, la cocaïne, » c’est une méthode d’auto-prise de conscience.

Pourquoi je crois à l’intégration consciente de la nécessaire de laisser une dépendance?

Parce que si nous ne recevons pas cela, tout sera en vain. Pour de nombreux centres publics ou privés dans lesquels le toxicomane s’est installé durant quelques périodes, si le travail qui a été fait est basé sur le confinement et l’apprentissage des mécanismes d’adaptation, lorsque apparaî la tentation de consommer ou des situations stimulantes ou frustrantes, à celles qui sont apparues avant, il y aura un impact sur les éléments les plus importants : l’inconscient psychique est celui qui, probablement, soutient le besoin à la consommation.

L’addiction à la cocaïne est extrêmement puissante, si la plupart des consommateurs croient qu’ils peuvent arrêter quand ils la choisissent, cela ne se passe jamais ou presque jamais. La cocaïne ne se laisse pas abandonner, et ce n’est pas seulement difficile, c’est impossible.

Vous vous en êtes pas rendu compte et vous êtes pris au piège. Vous avez été trompé et maintenant vous ne pouvez pas vivre sans elle.

Vous cherchez de l’aide et ces personnes te suggèrent de renoncer à tout. De résister. Ensuite, vous reconnaissez que vous ne pouvez pas mais vous essayez, c’est dur, très dur. Ensuite, vous entrez dans un centre thérapeutique. Six mois ou un an sans consommer, si vous n’y avez pas été auparavant c’est parce que vous ne pouvez pas le supporter.

Vous y sortez, vous avez confiance que vous pouvez gérer, vous savez tout ce que vous avez à faire pour ne pas y retomber, et vous êtes heureux d’avoir réussi mais le jour le plus inattendu et de façon impulsive, vous cherchez de la cocaïne et vous en consommez. Vous avez appris à vivre dans une cage, mais vous n’êtes pas prêt pour la vraie vie.

Les rechutes

Je ne remets pas en question l’efficacité thérapeutique de toute méthode, simplement je considère que l’approche absolutiste parfois n’est pas la meilleure, pourquoi? Parce que le toxicomane doit quitter la bataille contre la dépendance, encore et encore, jusqu’à ce que les réussites l’emportent sur les échecs, que la consommation s’en aille en espassant et en réduisant jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

Si nous créons un Moi auxiliaire qui gère la situation par lui ou par elle, il y a des possibilités qu’après « plusieurs mois sans consommer” il y ait une rechute compulsive très élevée.

Traitement ambulatoire

Donc, l’idée que je propose est celle du traitement ambulatoire, à savoir, celui dans lequel le patient accepte de suivre une thérapie hebdomadaire, à participer, si possible, à des séances de groupe spécifiques, et au-delà qu’il y ait ou non des rechutes, il continue encore de lutter contre la puissance de la dépendance, une analyse plus profonde du pourquoi on consomme et quels aspects inconscients sont liés à ce besoin et comment créer un style de vie beaucoup plus essentialiste où la cocaïne perd toute signification.

C’est plus laborieux, moins impressionnant, ça exige plus d’engagement, plus de volonté, l’acceptation des rechutes dans le cadre du processus et de la continuité en dépit d’elle, mais c’est plus réaliste et il y a à la fin plus de chances de succès.

Je compare cela à de bons nutritionnistes qui quand une personne veut faire un régime alimentaire au lieu de lui proposer un régime plus radical, il lui apprend à manger de façon saine et réglementé.

Laisser la cocaïne consiste à, assumer qu’il y a une guerre interne contre la dépendance, que certaines batailles sont perdues, mais si vous persévérez malgré tout vous pouvez en sortir victorieux. Et donc, de manière définitive.

Damián Ruiz
Psychologue (COPC)
Analyste Jungien (IAAP)
Barcelone