Le but de cet article, ce n’est pas d’écrire sur le spiritisme ou tout autre type d’ésotérisme, mais sur ce qui concerne la connexion de l’inconscient avec le monde des morts. C’est un moyen onirique de parler des silhouettes qui font parties de notre histoire personnelle ou collective et qui restent, actives ou inactives, dans les profondeurs de notre psyché.

Les morts peuvent rester “actifs” dans nos vies, que ce soit à travers une profonde mélancolie, dans les rêves ou bien dans les difficultés à développer notre propre autonomie personnelle et de posséder ainsi notre avenir.

Être enlevé par les ombres intrapsychiques

Il est évident que la mort d’un être cher implique un duel émotionnel qui doit être correctement transité, à la fois dans le temps comme dans l’intensité. Mais quand ça devient chronique en rendant la vie impossible, cela commence à devenir un problème sérieux.

Le plus dangereux du point de vue psychique, se produit lorsqu’une personne “n’ose plus” vivre et se retrouve piégée dans la peur. Par conséquent, il se peut que la mémoire inconsciente, personnelle et/ou collective, dans laquelle les morts résident, comme le dit Carl G. Jung, prédominent plus dans l’esprit de la personne que dans la propre existence réelle.

En quelque sorte, l’individu devient un réceptacle de la vie des êtres décédés et, en est esclave, puisqu’ils ont des dynamiques en fonction des présences imaginaires (mémoires, sentiments, etc.) qui représentent une grande partie de leur présent.

Dans la mesure où cela se produit et que la personne ne choisit pas de se livrer dans sa propre vie, et d’entrer dans le tableau du jeu de la réalité, elle peut être de plus en plus enlevée par ces ombres intra-psychique qui nécessitent progressivement une plus grande énergie psychique, éventuellement physique. C’est ainsi qu’ils peuvent emmener une personne à la paralysie vitale, même à la prostration.

 

Le risque de devenir “un mort-vivant”

Le risque de ne pas vivre c’est de devenir le gardien de la vie des autres, qui ne sont plus configurés matériellement, en restant silencieux dans l’inconscient et en espérant, en quelque sorte, de renaître dans la psyché d’”un mort-vivant”.

Rien de ce qui est écrit présente un lien avec les esprits ou fantômes. Je parle ici des dynamiques intrapsychiques qui influencent plus que ce que nous pouvons l’imaginer dans la stabilité mentale d’une personne. La construction d’une structure psychique forte et l’enjeu pour le risque vital sont nécessaires pour échapper à l’influence des “morts”.

Il faut seulement aller vers eux dans des cérémonies ou des rituels communautaires dans lesquels, ils font appel pour que nous soyons en même temps guidés et protégés, en les libérant de notre désir quotidien pour qu’ils se reposent en paix – que ce soient leurs âmes dans la dynamique de l’univers, que ce soit leur mémoire dans le reste de notre inconscient.

Vivre est un acte obligatoire, malgré le risque que cela implique. Alors qu’au contraire, la peur est un appel à l’auto-destruction progressive.

“ Parce que celui qui voudra sauver sa vie, la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera.” Matthieu 16-25