Il y a beaucoup de personnes qui vivent l’enfer en n’arrivant pas à arrêter une dépendance. Ils ont tout essayé : les psychiatres, les psychologues, les admissions dans des centres et des cliniques spécialisées. Le point de désespoir est parfois telle que les solutions extrêmes surviennent, parce que le niveau de la douleur psychique, l’impuissance et le sentiment de causer un préjudice grave à l’environnement va au-delà.

Mais pourquoi ils n’arrivent pas à surmonter une dépendance ?

Les substances addictives, en particulier la cocaïne, sont terriblement trompeuses et quand la personne croit qu’elle peut commencer à les arrêter elle comprend qu’elles ont déjà créé un système autonome vivant dans son psychisme. L’addiction est devenue une partie indépendante et a besoin de substance au-delà de la volonté du patient. Et ce qui est pire, c’est qu’il peut garder la substance de ce système autonome ou complexe dans la psyché laissant le patient dans certaines conditions isolées. Le système deviendra inactif, mais il ne disparaîtra pas et il apparaîtra à la moindre opportunité pour demander ce qu’il a besoin : la drogue.

Alors, quelle est l’erreur thérapeutique la plus souvent faite ?

En essayant de lutter directement contre la dépendance et sous la forme d’une formation. C’est comme si vous donniez à quelqu’un des armes pour combattre une guerre qui est impossible à gagner, c’est comme enseigner des techniques de combat à une armée affaiblie et affamée. Il faut d’abord les renforcer jusqu’à ce qu’ils soient plus forts, plus efficaces et prêts à gagner la bataille.

Et comment y arrive t-on ?

C’est très simple : en renforçant la partie saine de la psyché. En développant les aspects encore latents, ce qui crée de nouvelles formes de vie, en découvrant et valorisant des ressources inconnues. Et tout cela jusqu’à ce que toute cette région soit beaucoup plus forte que la zone “infectée” par la dépendance. D’une certaine façon, ce serait similaire de renforcer le système immunitaire aussi bien pour lutter contre la maladie, le problème c’est que si nous attaquons la maladie avec un système immunitaire faible, le corps, ou dans ce cas l’esprit, pourrait succomber.

Avons-nous oublié de combattre l’addiction ?

Non, mais nous la laissons pour un second niveau. Lorsque les chances de victoire sont clairement élevées.

Oublions les  suggestions sentimentales comme : regardez ce que vous faites avec votre vie, vous allez tout perdre, vous avez des enfants merveilleux, vous allez détruire votre santé, vous allez vous ruiner … Ils le savent déjà ! Mais ils ne peuvent rien faire ! C’est à dire rien du tout, parce que la volonté seule, ne résout pas tout ! Il faut travailler autrement !

Et sachez, sans aucun doute, que certaines batailles (rechutes) seront perdues, mais l’important est de gagner la guerre.

La puissance d’une psyché saine, activée dans toutes ses dimensions, est de loin supérieure à la “zone accro”, mais nous devons la guider, il faut avoir de la patience et il faut renoncer aux clichés et évidences thérapeutiques.

Surmonter une dépendance est quelque chose qui peut être atteint.

Damián Ruiz

Psychologue (COPC) et Analyste jungienne (IAAP)

Barcelone